Rapa Nui, on se la joue touriste !

17 05 2011

Journée touriste, nous allons visiter le site d’Orongo, lieu où se déroulait la cérémonie de l’homme oiseau. Nous arrivons au sommet du volcan Rano Kau. Un parking et une petite guérite nous accueillent. Une femme en uniforme nous vend des tickets qui nous permettrons de visiter ce site et le site du Rano Raraku. Nous pénétrons dans l’enceinte, de l’herbe, un chemin et l’océan. Nous suivons le tracé au sol, sente terreuse qui nous rapproche de la falaise. Au milieu de l’eau cobalt, face à nous, une immense canine grise perce les flots, un peu plus loin, deux petits grumeaux rocheux, sur le plus grand, les compétiteurs récupéraient le premier oeuf de sterne qui les propulsait, eux ou leur maître, au rang d’homme-oiseau pour l’année à venir. Nous suivons le petit chemin, qui ne sent pas la noisette, des ruines de maison en pierre, des maisons reconstruites, il parait qu’on y élevait les enfants qui un jour participeraient à cette course au premier oeuf. Les portes sont très petites presque des chatières, c’est très obscur, les énergies présentes ne me plaisent pas, j’avance sur le chemin laissant mes compagnons voguer entre les masures de pierre. Après quelques zigzags, je me retrouve au cul d’une queue de touristes du 3e âge. Ils papotent, critiquent et rouspètent… de vrais touristes français ! Nous attendons donc que le petit promontoire qui permet de voir les îlots, les pétroglyphes, et le lac au fond du cratère, se vide, 5 personnes maximum sont autorisés à séjourner dessus en même temps. Qu’est ce qu’ils sont long les vieux touristes qui regardent partout et qui ne voient rien, et les vieilles qui papotent sur le promontoire sans regarder autour d’elles, finalement la guide qui accompagne le troupeau d’ancêtres, mène comme un chien de berger tout son petit monde vers le point de vue suivant. Je grimpe sur le promontoire, examine rapidement les tracés gravés sur les roches. Make-make est très présent, l’homme oiseau aussi. La vue plongeante sur l’océan et les îlots est très belle, mais c’est de l’autre côté que mon attention est attirée, vers le cratère, un petit éperon rocheux avance sur le vide au dessus du lac. Une énergie semble m’appeler. Je redescend et attend mes compagnons qui finissent par me rejoindre. Cinq par cinq, ils gravissent les 4 ou 5 marches et se retrouvent sur le lieu d’où les autochtones guettaient le vainqueur de la course de l’homme oiseau. Finalement, une fois tous mes amis redescendus, je rejoins JP et Christophe qui dissertent en regardant les pétroglyphes. L’énergie qui m’interpelle est toujours là, j’en parle à JP. Il teste et après quelques tâtonnements, identifie l’énergie, c’est une sorte de thermostat qui régule toutes les énergies du cratère. Nous poursuivons notre parcours qui mène à la sortie.
Reprenant la voiture, nous redescendons vers la côte. Nous arrivons à Vinapu, le site est composé de deux ahus éloignés l’un de l’autre d’une cinquantaine ou une centaine de mètres, les distances sont difficiles à évaluer sous le soleil pascuan. Le site, plus ou moins en ruine, les moaïs échoués sur le sol les fesses visant le ciel. Un avion manœuvre sur la piste, on voit le haut de l’empennage qui passe un peu plus loin. Nous visitons d’abord le ahu le plus à gauche. La partie la plus intéressante, se trouve à l’arrière, face à l’océan. De grosses pierres ajustées au millimètre exactement comme les murs que l’on voit au Pérou, très impressionnant ! JP remarque une pierre, il la fait basculer et la retire découvrant un creux qui ressemble à un lavabo. Nous y poserons les mains chacun notre tour bénéficiant de l’énergie qui semble baigner cette cupule. Autour, des morceaux de moaïs disparaissent dans le sol. Rejoignant l’autre ahu, nous sommes attirés par une masse rougeâtre, faite de la même pierre que les « chapeaux » de moaïs. Difficilement identifiable de loin, le bloc rouge affiche des traits féminins, une paire de seins, une vulve au raz du sol et entre les deux un nombril assez protubérant.  Nous l’enserrons dans nos bras. Imprégnés d’énergie féminine, nous reprenons la route vers le fameux Rano Raraku (la nurserie de moaïs). Un parking nous accueille, sur un côté, un hangar, dans lequel les marchands du temple se sont intallés, vendant boissons, t-shirts, colifichets et autres niaiseries aux couleurs pascuanes. Nous faisons une petite pause, ingurgitons des sandwichs, des chips et même des sandwichs aux chips sous une petite bruine.
L’estomac rempli, nous entrons dans le parc à moaï. Un guichet avec le même modèle de femme en uniforme qui poinçonne nos tickets, puis un sentier de terre et de cailloux. Jean-Pierre le « chaman » et Corinne sont déjà venus, lorsqu’ils étaient seuls avant notre arrivée, aussi Coco nous sert-elle de guide. Elle propose de nous rendre d’abord à l’intérieur du cratère. Nous la suivons le long du chemin qui devient ocre à mesure qu’il perce le contrefort du volcan. Coco nous fait fermer les yeux avant de pénétrer au coeur du Rano Raraku. Lorsque la lumière pénètre mon cristallin, je découvre un lac, orné d’une forêt de roseaux, les pentes intérieures du volcan coulent peu à peu dans l’eau, le tableau est féérique. La baignade étant autorisée, les plus courageux se dévêtent et pénétrant dans la vase, se retrouvent bientôt dans l’eau métallique du lac. Autour de l’étang, des chevaux gambadent, nous scrutent de temps en temps, intrigués peut-être par ces touristes qui envahissent leur espace. Voyant le mal que mes camarades ont eu pour rejoindre l’eau à travers la vase, je fabrique un pont en roseaux en couchant les tiges sur la vase. Je forme des chevrons en avançant vers l’eau. je n’ai pas le temps de finir, mes compagnons décident de retourner sur terre et empruntent mon petit pont qui résiste avec succès à leur passage. Une fois revêtus, nous gagnons le versant intérieur sur lequel poussent quelques moaïs. Il y en a à tous les stades de leur libération de la roche. Nous continuons notre

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parcours parmi les géants de pierres, nous passons à l’extérieur du volcan. Là nous reconnaissons les vedettes de pierre qui parent la plupart des cartes postales, les pubs et les reportages photo. En suivant le balisage, nous rencontrons aussi le plus grand moaï, presque 20 mètres , toujours dans son placenta minéral. Un compère plus petit, un trois mats tatoué sur le ventre, mais aussi le seul moaï en position de scribe, à genoux, fesses sur les talons. La journée s’achève, les gardiens commencent leur ronde afin de s’assurer que les visiteurs sont tous sortis avant de fermer le parc.
Retour à l’hôtel.





Rapa Nui, culinairement vôtre !

1 05 2011

Nous arrivons vers 17h30 à l’hôtel, Petra et sa petite famille sont déjà là, ils ont creusé un trou dans le sol du jardin, y ont mis des pierres et du bois et allumé un feu. Pendant que les pierres chauffent, Petra, ses 2 fils, son mari et un autre homme préparent les ingrédients. Il y a une pâte jaune dans une grande casserole en fer blanc, qui fera office de pain une fois cuit, des côtes de porc et du poulet, des patates douces et du taro. A l’aide d’une tasse, un des gamins verse de la pâte sur une feuille de bananier prédécoupée, un des adultes repli la feuille de bananier pour emmailloter le tout, puis à l’aide d’une petite lanière végétale ficèle l’ensemble. Pour assouplir les feuilles de bananier, Rico (le mari de Petra) les pause quelques secondes sur les pierres en train de chauffer. Ils vident la casserole tasse par tasse transformant la pâte jaunâtre en briquettes de feuilles vertes. Ensuite, Vicente (l’homme qui semble orchestrer tout ça), commence à éplucher le taro. Pendant ce temps, Rico en compagnie de sa femme préparent la viande. Vicente termine l’épluchage. Il s’approche du feu et à l’aide d’une pelle qui me rappelle étrangement le film « Bernie » d’Albert Dupontel, il retire quelques cailloux et les morceaux de bois enflammés. Les bûches assemblés dans un coin du jardin sont éteintes par le plus jeune fils de Petra à l’aide d’un tuyau d’arrosage. Rico et Vicente tournent autour du trou plein de pierres volcaniques brûlantes entamant une sorte de danse dont l’objet est de retirer un maximum de pierres pour dégager le trou. Équipés d’un petit caillou dans chaque main, ils pincent les pierres chaudes avec et d’un geste rapide les éjectent vers l’extérieur. C’est un peu dangereux, d’ailleurs, Rico pose sont pied chaussé d’une simple tong sur un des cailloux… petit saut, juron étouffé… plus de peur que de mal, heureusement. Au bout de quelques minutes, le trou est suffisamment dégagé.
Vicente tapisse le fond du trou contenant encore quelques pierres chaudes de feuilles de bananier. Une fois le berceau végétal mis en place, Vicente assisté de Rico, pausent les petits paquets verts contenant la pâte jaune. Une nouvelle couche de feuilles de bananier. Par dessus, quelques pierres chaudes. La viande dans des plats à four est déposée dessus. Vicente rajoute sur la viande les morceaux de taro épluchés. Nouvelle couche de feuilles, les patates douces sont posées à leur tour et une dernière couche de feuilles recouvre le tout… enfin presque car Rico nous explique qu’il faut mettre encore plus de feuilles afin de rendre le tout bien hermétique. Le seul soucis c’est qu’il en faut beaucoup et encore plus que ça… alors aujourd’hui, on remplace toutes ces feuilles supplémentaires par une bâche plastique. Les traditions ne sont plus ce quelles étaient, d’ailleurs Rico nous explique que dans le temps, ce n’était pas du poulet et du porc mais du rat et de l’humain qui était servi aux convives… finalement le progrès a du bon ! Nos deux rapa nui déposent le film plastique transparent et pour le rendre bien hermétique, ils enterrent les bords. De la buée se forme rendant la bulle plastique opaque.
Il faut laisser cuire 2 à 3 heures. Nous nous installons autour et discutons, chantons avec Jean-Pierre « le chaman », partageons bières et autres boissons avec nos cuisiniers. Ils nous parlent des problèmes qu’ils rencontrent avec le gouvernement chilien, des tentatives de celui-ci pour les expolier de leurs terres ancestrales et céder contre monnaie le sol rapa nui à des investisseurs étrangers qui n’ont qu’une idée en tête, construire des complexes hôteliers et transformer l’île en Disneyland du Pacifique. JP demande comment peut-on faire pour acheter des terres, Vicente répond avec humour qu’il suffit de lui donner une de ses filles en échange… Il semblerai que les choses s’améliorent, la tribu de Vicente a gagné un procès et devrait récupérer une partie des terres ancestrales, mais le combat continu pour les rapa nui.
Le soleil décline, je récupère une petite fleur d’hibiscus jaune pour la mettre dans les cheveux de Biou… ce qu’elle est belle ! Les autres femmes se coiffent d’une fleur identique, photos et rephotos. Le soleil décline, elles sont belles !  Nous allons voir Akapu, transformés en petits japonais, nous saisissons chaque instant sur nos pellicules numériques. Au loin un paquebot de croisière a remplacé la frégate Chilienne partie deux jours avant le tsunami. Le soleil se couche, superbe !
Nous retrouvons nos cuisiniers, il fait noir, il est temps de préparer la table, nous sortons  3 tables de la salle à manger, les installons près du trou dans le jardin. Petra pose un chemin de table en feuilles de bananier et fleurs, quelques assiettes, les couverts… c’est très beau. Il est temps à présent de manger. Vicente retire la terre, puis avec l’aide de Rico et des enfants,  la bâche, les premières feuilles de bananier. Ils placent les patates douces dans un récipient, retirent les plats à four d’où se répend une douce odeur de viande cuite… ça à l’air super bon ! Rico nous sert, nous nous asseyons rapidement autour des tables. Petra nous apporte une petite sauce piquante, une salade de pommes de terre. Distribution des petits pains libérés de leur enveloppe en feuille de bananes. C’est très bon ! Trop bon, même !
Je ne saurais décrire le petit pain, un peu sucré pas vraiment la consistance d’un pain, mais très bon. Très roboratif aussi. La viande fond dans la bouche, les tubercules dégagent tous leur arôme sous la pression de mes dents. Je mâche longuement, libérant les enzymes qui décomposent les aliments en une multitude de molécules qui titillent mes papilles.
Après le repas, Jean-Pierre « le chaman » entame une discussion avec les deux cuisiniers. Il essaye de les brancher sur le mana, refroidissement direct ! Les deux hommes se taisent, se regardent, puis finalement répondent en noyant le poisson.
Rico est celui qui parle le plus, mais j’observe Vicente depuis le début, il semble en savoir plus que Rico, il a quelque chose de magique, j’ai l’impression de rencontrer un frère d’armes, dans quelle guerre… je ne sais même pas si je suis encore en guerre.
Rico nous parle du tsunami, de la forme de l’île en triangle et du socle évasé qui la maintient à la plaque océanique. De la pêche à la langouste quand l’océan se retire avant que le tsunami ne déferle. Vicente parle peu mais la profondeur de ses mots m’intrigue. Je vois bien qu’il nous examine de la même manière que je suis en train de le faire, nous sommes des touristes peu commun. En général, les étrangers arrivent sur l’île par avion ou bateau, parcourent les sites touristiques en 3 jours et repartent aussi sec. Nous sommes là depuis une semaine et nous n’avons pas encore visité les deux points les plus touristiques de l’île. Il est tard, nous nous saluons, Vicente me laisse une forte impression, chacun regagne son domicile.





Rapa Nui, vamos a la playa oh ! oh ! oh !

25 04 2011

Le jour du seigneur peut aussi devenir le jour du baigneur, après la messe, retour à l’hôtel, nous récupérons toute la petite troupe… et en route pour la playa !
Toujours aussi accueillante, nous garons notre véhicule à la même place que d’habitude, sous l’arbuste qui le couvre d’ombre. En quelques enjambées nous nous retrouvons au bord de l’eau. Quelques pas sur le sable blanc (légèrement rosé) et l’eau nous accueille, je la trouve fraîche, mais une fois dedans la sensation de fraîcheur devient très agréable.  Je me laisse flotter, sur le dos, il y a pas mal de sel car je flotte très facilement.
On grignote, on reprend la voiture et nous repartons le long de la côte. Les cratères sont toujours là, les chevaux sauvages aussi, les vaches également. Nous arrivons devant le ahu Te Pito Kura, de superbes chevaux broutent devant les ruines, un moaï couché sur le ventre nous accueille. Je m’éloigne un peu sur la gauche et arrive sur le site qui représente le nombril du monde, une grosse boule de pierre entourée de quatre pierres rondes plus petites, le tout au milieu d’un muret de pierres. Une odeur de charogne apportée par la brise marine, révèle la présence d’une carcasse de cheval à une dizaine de mètres. Je suis un peu déçu par le « nombril du monde », je m’attendais à quelque chose de plus prestigieux avec plus de cachet… le « nombril du monde » c’est un amas de cailloux qui sent la mort, il y a surement une signification cachée. Histoire
de me dire que je ne suis pas venu pour rien, je sors la boussole et vérifie que les quatre cailloux sont alignés aux points cardinaux, ils le sont… voilà une info qui n’a pas grand intérêt. Nous repartons, au bord de la route, une pancarte, que nous avions déjà repéré lors de nos précédents passages, indique la présence de pétroglyphes. Un tourniquet en métal rouillé permet d’accéder au site. Un petit chemin nous conduit de pierres en pierres, sur celles-ci, des tracés représentant des poissons, des tortues, des pirogues, des hameçons, beaucoup de hameçons… Le site est petit, nous en faisons rapidement le tour et repartons de nouveau le long de la côte. La mer est belle, nous faisons un nouvel arrêt. Pas de plage, mais l’océan est accessible en descendant de cailloux en cailloux et il est vraiment très beau, beau au point que les deux Jean-Pierre décident d’aller se baigner… les fesses au vent, de rochers en rochers, ils finissent par se glisser dans les flots agités. Quel accueil ! la mer comme enchantée de recevoir ses fils ou ses amants, les prends en elle, le turquoise, l’outremer et le blanc de l’écume se mêlent et les enserrent dans leurs bras. Nous profitons de cette danse aquatique.
Nouvel arrêt, cette fois c’est face à un oratoire, derrière lequel la mer vient caresser quelques roches créant de petits bassins clairsemés entre le minéral. Nous gambadons sur les rochers, connectant quelques énergies, je suis mon instinct, espérant trouver une sirène posée sur les rochers… finalement je me retrouve devant une rapa nui étendue en bikini sur un des rochers les plus accueillants du lieu, j’ai l’air d’un pervers, avec mon appareil photo prêt à gober la lumière que renvoie le corps de la baigneuse… JP un peu plus loin est mort de rire… je vois pas pourquoi,  j’ai trouvé une sirène, non ?
Nous revenons vers la voiture et faisons un petit tour devant l’oratoire. Il est fait avec des blocs prélevés sur des constructions plus anciennes. On y voit les yeux de Make Make. JP détecte un point devant la petite construction, je fais le tour et remarque un point derrière qui m’aspire, me collant au sol assez violemment. Je le signale à JP, il teste et après avoir appelé tout le monde, demande aux hommes de se placer devant et aux femmes de se positionner sur l’arrière. Nous échangeons nos énergies sous forme de sons. La cérémonie terminée, quelques touristes arrivent et se garent près de nous. Nous quittons le lieu,mais n’allons que quelques dizaines de mètres plus loin sur le parking face au 15 moaïs restaurés par les japonais. Le site est impressionnant même si la première impression est bizarre, j’ai l’impression que la restauration a été faite un peu n’importe comment, comme si les éléments qui composent le site n’avaient pas été remis à leur place. Les statues sont impressionnantes, la longueur du ahu rend le site titanesque. Nous faisons le tour, derrière nous, Rano Raraku, la « nurcerie » de moaï. Une pierre plate au sol attire notre attention, nous nous mettons autour, son énergie est plutôt féminine. Nous passons derrière le ahu. C’est toujours aussi impressionnant ! Nous finissons notre petit tour, il est 17h00, il nous faut regagner l’hôtel pour assister aux préparatifs du repas traditionnel prévu ce soir.





Rapa Nui, la messe pascuane

23 04 2011

Aujourd’hui c’est dimanche, le programme de la journée ressemble plus à celui de tout bon touriste… Aller à l’église, assister à la messe avec les autochtones. Baignade à la plage. Visite du côté du ahu restauré par les japonais suite à un tsunami dans les années 60, comme quoi, Japon, tsunami et île de Pâques sont des mots qui s’entrelacent depuis longtemps. Enfin, pour clôturer cette journée de farniente, repas traditionnel préparé par Petra et sa famille.
Après le petit déjeuner, nous sommes 5 à partir à l’église en voiture, un sixième nous rejoindra plus tard à pied. Nous arrivons devant le bâtiment blanc aux décorations tribales. Toute la communauté de l’île est présente, pomponnée, parfumée, tirée à quatre épingles. Coiffés et gominés, j’ai l’impression de revivre mes vacances en Espagne chez ma grand-mère, je l’accompagnais à l’église le samedi soir et les paroissiens étaient tous apprêtés de la même façon. C’est plutôt sympathique, ça donne un petit goût de passé qui est agréable. Nous pénétrons dans l’église et nous installons au fond contre les murs. Le lieu est déjà presque plein, nous sommes une quinzaines de personnes tapissées contre la peinture blanche. La salle est plutôt grande, il y a des fenêtres tout le long, elle s’ouvriront en cours de cérémonie, la chaleur devenant oppressante. Une fois installé, je remarque de nombreux touristes assis sur les bancs centraux. Je regarde les paroissiens, des jeunes, des vieux, des familles, des solitaires. J’aime bien l’énergie qui se dégage du lieu, je ressens de la sérénité, mais aussi de la force sous-jacente. Je regarde les gens qui m’entourent, je les trouve beaux !
Une petite voix dans ma tête, me dit : « ressaisis-toi ! Tu bascule dans la béatitude ! »
La messe commence, le curé au fond, là-bas, loin… accueille les fidèles. Un rétroprojecteur s’allume et diffuse les paroles des chants.
Le prêtre parle, commente les écritures mais je ne l’écoute pas, je baigne dans l’énergie du lieu ou des gens, c’est agréable, je passe mon temps à regarder mes voisins, à ressentir leurs joies ou leurs peines, certains sont vraiment beaux. Des chants me tirent de mes errances, ils sont joyeux, « pacifiques »  (polynésiens et paisibles).
Depuis le début de la cérémonie, j’ai envie de m’approcher de 2 personnes, une femme corpulente à queue de cheval toute de bleue vêtue et un vieil homme de bel prestance, le crâne rasé, chemise hawaïenne, belle moustache à la « Magnum ». Un chant me donne l’occasion de me rapprocher de la femme. Tous les participants se donnent la main, la femme me tend la sienne, je m’empresse de la lui donné laissant tomber mon appareil photo qui se retrouve suspendu à sa dragonne, j’étais en train de filmé le début du chant. Une énergie me traverse, le contact avec cette femme me surprend. Christophe me dira ensuite qu’une énergie de type « serpentoïde » circulait dans la salle à ce moment là. Le chant terminé, nous regagnons chacun notre place.
Vingt mètres devant moi, j’ai repéré un homme au comportement étrange, vêtu d’une chemise blanche et d’une cravate noire, il arbore une sorte de chapeau constellé de coquillages et un collier de perles… je me demande si c’est un chaman, ou personnage important de la communauté ou alors le fou du village, même si parfois c’est la même personne. Le bonhomme se lève à chaque chants, regarde les paroissiens, et parfois semble les encourager à chanter, il tourne comme un périscope semblant examiner l’assistance à la recherche d’une âme à secourir. Curieux personnage.
La messe se poursuit, parsemée de dragées musicales, enfin arrive le moment ou l’on se donne la paix, je file la paix à tout ce qui bouge autour de moi et même un peu plus loin. « Magnum » sans cheveux a une bonne poigne, chaleureuse et ferme, son énergie me plait.
Le moment de la communion arrive,  les croyants forment des files qui aboutissent au prêtre et à ses assistantes (oui des femmes qui donnent l’Hostie). La cérémonie se termine, les communiants repartent avec une tâche de cendre sur le front. Les gens se dispersent, devant l’église se forment des grumeaux humains, les familles et amis se regroupent. Les touristes disparaissent. Nous rencontrons Petra, elle nous confirme l’heure de rendez-vous pour le repas du soir, 17h00 – 17h30 afin d’assister à la préparation du repas, une autre forme de cérémonie.

http://www.dailymotion.com/video/xid5qs_messe-a-l-ile-de-paques_travel





Rapa Nui, élément air

19 04 2011

L’après-midi est bien avancé, nous continuons notre route vers l’est. Un superbe arc-en-ciel nous accompagne sur la route qui borde la côte. JP s’arrête un peu plus loin, nous nous approchons du bord de l’eau et nous installons sur les roches volcaniques qui sont eu confortables car un brin abrasives. Devant nous l’océan heurte la terre, l’écume gicle, un mot me vient à l’esprit… éjaculation ! JP prend la parole, il nous indique une zone sur les rochers, nous testons, il y a effectivement quelque chose de très gros posé là. Cette énergie est l’insouciance au masculin d’après Christophe. Un peu plus loin, un point plus féminin, un geyser d’écume comme le souffle d’une baleine jailli d’entre les rochers. Nous continuons notre route vers l’est. Nouvel arrêt, cette fois c’est un petit oratoire qui attire l’attention de JP. Des oiseaux stylisés sur la roche ont l’apparence de 2 ailes. Nous détectons une présence spirituelle. JP demande à certains d’entre nous tour à tour de se poser contre l’oratoire, entre les ailes, mes compagnons deviennent à leur tour des anges ou des oiseaux.
Nous repartons et cette fois ne nous arrêtons plus avant d’arriver près du moaï de l’air. Le soleil commence à décliner, il faut réactiver le lieu avant que le soleil ne disparaisse, nous nous dépêchons et arrivons autour du rocher. Nous contactons l’air en passant les mains dans la bouche de pierre que nous avait montré Jean-Pierre « le chaman », puis tournons autour de la pierre. Enfin, chacun notre tour nous montons sur le rocher et chantons une petite chanson face au vent encouragés par les autres autour de nous. Même si je n’aime pas trop ça,je me force et me retrouve sur le gros cailloux… recherche d’inspiration et c’est « le loup, le renard et la belette » qui vient, qui sort et qui se mêle au vent. Je remercie mes camarades pour leur soutien. JP clôture la session avec un chant plus tribal. Nous avons tous chanté, l’énergie éveillée n’attend plus qu’à être connectée au moaï. Nous nous rendons près du ahu et des statues renversées. Un petit murmure qui devient un bourdonnement, maya l’abeille est parmi nous, le lien se noue, la connexion se fait. Mission accomplie, nous regagnons l’hôtel pour un nouvel apéro, bière locale, chips, comme tous les soirs.





Rapa Nui, les 7 moaï et le tsunami perdu

13 04 2011

C’est pour moi de loin le site le plus impressionnant, au bout d’une petite route de terre et de trous, un muret derrière lequel se dressent 7 colosses de pierre face à l’océan, lointain, certes mais il est là-bas, droit devant. 7 comme les nains de blanche neige, 7 comme les chakras, 7 comme les couleurs de l’arc-en-ciel, 7 comme les notes de musique, 7 comme les samouraïs qui traversant le pacifique comme le tsunami que l’on n’a toujours pas vu sont devenus mercenaires sous les ordres de Yul Brynner… enfin bon je me disperse ! Ils sont donc 7, ces magnifiques moaï, chacun son rôle, mais tous à l’unisson, ne formant qu’un, un pour tous et tous pour un ! Non ils étaient 4 ceux-là. Bref, JP et Christophe nous font part de leur ressentis. C’est un lieu dédié au 8e chakra, le chakra qui permet la connexion au groupe. Ce lieu fut le point de rencontre entre une civilisation très évoluée et quelques hommes. Il y eu transmission de connaissances, mais les humains, ont préféré oublier ces informations pour pouvoir revivre le processus qui a conduit à ce niveau de connaissances. Au-delà de ça, je suis scotché devant ces personnalités de pierre, le lieu m’inspire, m’aspire… j’ai l’impression d’être revenu à la maison.
Nous allons passer la nuit là, il faut penser à préparer le bivouac car la nuit tombe. Les hommes du groupe partent chercher du bois pour faire un feu.
Sandwichs, chips, guitare, chansons de notre chaman, feu de bois. Je ressens le besoin de m’isoler, je rejoins les moaïs, au loin une silhouette de cheval, quelques hennissements sous la lune… c’est magnifique ! Au loin sur d’autres collines, 2 ou 3 feux de camps mouchettent le voile noir de la nuit. Et toujours pas de tsunami !
Il est l’heure de se coucher, nous avons pris des couvertures à l’hôtel. Certains se couchent près du feu car un vent frais c’est levé faisant chuter la température. D’autres préfèrent l’abri de la voiture, enfin les plus téméraires s’installent au pied du ahu, derrière les 7 moaïs. Je trouve un coin à peu près plat, sur lequel il n’y a pas trop de cailloux. Le ahu nous protège du vent, la silhouette des moaïs se détache sur le ciel étoilé, c’est splendide ! Je n’ai jamais vu autant d’étoiles, ni la voie lactée… le sol est dur, même si dormir là dans l’inconfort va être difficile, c’est une expérience que je suis heureux de vivre. Je fini par m’endormir, mais me réveille de temps à autre, quand Biou se redresse, alertée par des bruits amplifiés par la nuit. Des chevaux se baladent,  apostrophant les étoiles et alertant ma compagne, qui fait un bond… Attention, les chevaux vont nous piétiner ! Dit-elle. Puis elle se recouche.
Le ciel s’éclaire, les étoiles disparaissent.  Nous nous levons, remettons les lieux en état et de nouveau en voiture vers l’hôtel.
Si le tsunami est passé, personne ne l’a vu.





Rapa Nui, alerte tsunami !

11 04 2011

Comme la plage est belle, l’eau est chaude, je flotte, je fais la planche et le ressac me berce. Je flotte tellement sur cette eau salée que je finis par émerger totalement… je m’élève au dessus de l’onde, je prend de l’altitude, je m’envole loin de l’eau, loin de la plage.
Tsunami ! Despertaros ! De prisa… Tsuuuunaaaamiiii !
Je tombe, je m’écroule absorbé par le noir, la nuit. J’ouvre un oeil avant de toucher l’eau. Quelqu’un tambourine aux portes, en nous incitant à  nous bouger. Je ne comprends rien à ce qui se passe, la femme en panique vocifère en espagnol dehors… elle dit qu’un tremblement de terre a eu lieu au Japon, un tsunami vient vers l’île de Pâques. Je me lève, mais je ne bouscule personne contrairement à Claude François, car Biou est déjà debout. Elle ouvre la porte et la femme se précipite vers elle lui répétant en boucle l’alerte tsunami.
Nos compagnons nous rejoignent dehors, il pleut averse, il fait nuit, il est 5h30 du matin. Nous allons dans la salle commune regarder les infos à la télé. Le présentateur confirme nos craintes, un terrible tremblement de terre, 8,9 sur l’échelle de Richter a dévasté le Japon, provoquant un tsunami attendu vers 18h00 sur l’île. 19 pays sont en alerte. Les autorités demandent à toutes les personnes résidant sur l’île de se regrouper soit à l’église soit à l’aéroport. Nous prenons quelques affaires, de quoi manger, de quoi fumer pour certains, de quoi se coiffer pour d’autres. Nous montons dans la voiture et nous rendons à l’église. Sur le chemin, la pluie ne cesse de tomber ajoutant encore à l’angoisse générale. Nous croisons quelques autochtones en voiture, ils ont l’air calme. Arrivés en face de l’église, personne. Nous attendons sur place, finalement une voiture de carabiniers chiliens qui patrouille s’arrête et nous donne les dernières directives. Nous pouvons retourner à l’hôtel, mais nous devons revenir soit à l’église, soit à l’aéroport à midi.
Nous retournons à l’hôtel pour prendre le petit déjeuner. Le mari de Petra, notre cuisinière, vient nous proposer l’organisation d’un repas typique dimanche. Il nous donne les dernières nouvelles, Hawaï n’aurait subi qu’une toute petite vaguelette en guise de tsunami. Après avoir mangé, nous prenons quelques affaires et partons vers la côte sud à la recherche du point correspondant à l’élément air.
Comme  beaucoup de ahus, celui-ci est dévasté, les moaïs sont ventre à terre, brisés.Entre le ahu et l’océan, un amas de gros cailloux sert d’émetteur. Nous faisons une petite ronde autour de lui puis nous installons dessus pour pousser la chansonnette.
Jean-Pierre, le chaman, identifie un rocher percé à quelques pas de l’eau comme étant la bouche du vent. Le vent s’infiltre avec vigueur dans cet orifice béant. En y glissant la main, nous nous imprégnions de l’élément air. Le groupe se rend près du ahu, dos aux moaïs. Nous émettons un bourdonnement en direction du point de l’air. La connexion se fait mais elle reste ténue, JP tranche, il faut revenir au coucher du soleil. En repartant, nous visitons un petit abri rocheux. Près du parking, un cheval agonise. Retour en ville direction l’hôtel, les rapa nui que nous croisons ne semblent pas affectés par l’arrivée de la vague.