Rapa Nui, sea, tartiflette and sun !

26 03 2011

Nouvelle journée sur cette magnifique et mystérieuse île. Comme chaque matin, nous allons saluer Akapu en attendant le petit déjeuner.
Une fois la collation avalée, nous embarquons dans le mini-van que Maria Teresa nous loue à un pris tout à fait correct direction le nord de l’île. La route trace à travers un paysage semé de vieux cratères érodés, de petites forêts d’eucalyptus. Des troupeaux de chevaux en liberté broutent l’herbe entre les cailloux, des piquets de bois blanchis par le soleil et des barbelés décomposés par les vents et la pluie raturent le paysage. Nous arrivons à une intersection, notre route continue sur la gauche vers la plage d’Anakena et à droite un petit chemin qui visiblement, tente bien Jean-Pierre… Un petit temps de réflexion et nous voilà engagés sur le chemin cahoteux. Des bosses, des creux, nous rebondissons sur les fauteuils beiges du van et parfois je percute de la tête le plafond du véhicule. Après quelques minutes de cette torture pascuane, Jean-Pierre se gare sur le bas côté. Il nous signale un monticule dont le sommet culmine à une bonne centaine de mètres d’altitude. La pente est raide, très raide, peu stable car parsemée de cailloux camouflés sous d’épais tramage végétaux. Enfin au sommet, dégoulinants de sueur, le vent frais de la côte nous accueille. Le panorama est splendide, on voit la plage d’Anakena, l’océan, les plaines et une multitude d’anciens cratères. On admire le paysage un instant puis on suit le sommet du cratère jusqu’à un point sur lequel nous allons travailler un peu. C’est un point dédié à la réparation de la personnalité uniquement pour les hommes, dixit Christophe. Donc chaque « mâle » du groupe s’allonge à son tour sur le sol, JP dirige l’exercice agrémentant le tout d’une sauce spécifique à chacun. Pour ma part, le travail concernait la stratégie de l’absence, pour cela, mes camarades se sont éloigné, me laissant un long moment seul, les yeux fermés, étendu sur le sol. Puis ils sont revenus, chantant des une mélodie mélancolique et tournant autour de moi. Dès les premières notes, je me suis retrouvé plongé dans un monde de lumière, les sons m’évoquaient des chants de mort amérindiens, j’ai vraiment eu l’impression de vivre ma cérémonie funéraire, d’une époque lointaine dont je n’ai pas de souvenirs. Je n’étais pas triste, plutôt apaisé… une expérience très intéressante, ensuite, des mains se sont posées sur moi, des pierres aussi, je ne sais plus trop… puis les chants se sont éloignés et je me suis retrouvé seul, soulagé. J’ai mis un petit moment à revenir, ouvrir les yeux, m’asseoir, tourner la tête, redécouvrir le paysage, mes acolytes à quelques mètres de moi sur la pente intérieure du cratère. Une fois tous les hommes traités, nous nous sommes dirigés vers la pointe en contrebas au bord de la falaise. Là se trouvait une pierre plate posée sur le sol, c’est le lieu réservé aux femmes. Elles se sont allongées dessus une par une, et comme pour les hommes, JP à mis sur pied une petite cérémonie différente pour chacune d’elles. Nous avons déposé des pierres volcaniques tout autour du corps de chaque femme couchée sur la pierre plate. Sauf pour Biou, pas de frontière en pierre, seule sur son rocher.

Retour vers la voiture, puis de nouveaux cahots et bosses vers la plage. JP gare la voiture sous un arbuste et descendons par un petit sentier vers la plage au sable blanc légèrement rosé. Quelques cocotiers nous accueillent, peu de monde, pourtant le cadre est joli, l’eau est transparente, un peu fraîche mais très agréable une fois le choc thermique passé. De l’océan, la vue est surprenante, avec un dôme percé d’un trou, un cocoteraie, un ahu en fond de plage avec ses moaïs de dos et leur chef seul un peu plus loin. Notre baignade s’étire dans le temps, quel temps d’ailleurs, l’impression qu’il n’y a plus de secondes, plus de minutes, plus d’heures ne me quittera pas tout au long de mon séjour sur cette terre Rapa Nui. Nous quittons l’eau et nous dirigeons vers les moaïs. Très majestueux, jaillissants du sable, nous faisons le tour de ces titans de pierre les observant sous toutes les coutures. Nous nous éloignons un peu, vers le fond de la plage sur une petite butte où poussent quelques cocotiers. Pendant que l’équipe regarde le paysage, se rafraîchit, discute et fais par de ses ressentis, je suis appelé de l’autre côté vers la gauche au-dessus de la plage, je fais un tour dans la cocoteraie, des panneaux au sol avertissent du danger de se promener là… attention chutes de noix ! C’est vrai que certaines noix sont assez énormes pour causer des dégâts qui peuvent être définitifs pour un humain. Je traverse le champ de palmiers, arrive dans un lieu où se rassemblent les « attractions pour touristes », petites baraques à boissons, étals de souvenirs, parking pour autocars, pissotières payantes… je dépasse tout ça et prends un petit chemin raviné par les eaux, quand il pleut ça doit être assez impressionnant par ici. Au bout de quelques mètres, je me retrouve face à des ruines, probablement un village de pierres.

Je m’arrête face à une zone dégagée et je reste là quelques minutes sans rien faire, puis je sens que je peux partir. Je retrouve mes petits camarades là où je les avais laissés. Nous repartons vers le moaï solitaire au coin de la plage. Biou et moi prenons un chemin latéral, près d’un bosquet, des chevaux en liberté, il semble y en avoir partout, c’est vraiment très beau de voir ces chevaux gambader librement, ça me touche beaucoup. Au détour d’un bosquet, nous découvrons un chapeau rouge de moaï, très impressionnant, immense. Je me demande comment les habitants ont pu dresser ces blocs rocheux au-dessus des statues colossales que nous avons déjà vu… je ne sais pas. Nous rejoignons les autres devant le moaï… c’est peut-être son chapeau là-bas ? Nous regagnons la voiture, puis prenons la route pour faire le tour de l’île. Nous

passons devant le site de Tongariki, dévasté par les guerres tribales, puis par un tsunami en 1960, restauré par une firme japonaise. On sent bien que tout n’est pas à sa place, mais le site à quand même belle allure.

Nous repartons rapidement, arrivés à l’hôtel, nous préparons une tartiflette sous la direction de Christophe… miam ! miam !

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