Petit retour sur Terra incognita

6 01 2015
Pitaya

crédit photo : shop.hansen-fruchthof.de

Si vous avez lu l’article (ici), vous savez que pendant 3 semaines j’ai essayé de changer mes habitudes alimentaires. Voici donc un bref résumé de cette expérience proposée par Thierry Casasnovas.

L’objectif de l’expérience était de baisser l’acidité de mon corps en ajoutant plus de verdure. Pour cela j’ai mangé beaucoup plus de légumes et de fruits. Les premiers jours ont été assez difficiles, je rêvais littéralement de hamburger, même des plus infects (McDo pour ne pas le nommer). J’avais besoin de sentir la viande ou ce qu’on nous vend comme tel dans ma bouche, très étrange comme sensation. Pourtant je ne suis pas spécialement carnivore. J’ai résisté, je me suis obligé à ne pas manger de produits animaux… puis j’ai compris que ce n’était pas la bonne méthode, en me privant je créais une frustration et cette frustration augmentait la difficulté de l’expérience. Donc la 2e semaine, j’ai laissé s’exprimer mes envies, comme si j’étais enceinte, et là c’est devenu facile, presque ludique. Je me suis goinfré de salades, de carottes, de fruits. Le jus de grenade fraîchement pressé est un vrai délice ! avec du céleri branche c’est encore plus sympa. Bref la seconde semaine c’est bien passée et j’ai commencé à ressentir un vrai mieux être. La 3e semaine, c’est déroulée sans que je m’en rende compte parsemée d’expériences culinaires intéressantes. J’ai essayé de goûter des fruits et des légumes que je ne connaissais pas. Pitaya, Kumquat, Nashi, topinambour… Belle expérience au final, j’en ai gardé l’envie de continuer de manière plus légère. Donc 2 semaines après la fin de Terra incognita, je continu à manger plus de légumes, moins de produits animaux, moins de céréales. Ce qui est étonnant c’est que je sens quand mon corps se libère de son acidité ou au contraire quand il s’acidifie, chose que je ne percevais pas avant.

Et vous avez-vous tenté l’expérience ?





La mort de la patate

1 01 2015

Photos-fruits (1)

Depuis quelques semaines voir quelques mois, quand je fais les courses, il m’est très difficile de trouver de bonnes vieilles patates toutes simples, qui ne soient pas traitées avec des produits anti-germinatifs. Quelle est cette nouvelle lubie ? Pourquoi nous vendre des patates stérilisées ? Alors oui, acheter des pommes de terre qui germent avant qu’on les consomme c’est embêtant, c’est sur ! Mais avaler des produits chimiques dont on ne connait ni la composition, ni les effets sur l’homme mais qui empêchent les tubercules de continuer leur processus de vie ce n’est sans doute pas meilleur.
Je préfère avaler une patate prête à exprimer la vie en germant de partout qu’un bout d’amidon dévitalisé qui peut rester intact sur une étagère pendant 6 mois.

Dans la même série de cauchemar en cuisine, pour paraphraser l’émission de télé, les oranges, citrons, clémentines et autres fruits qui sont traités à l’imazalil (fongicide et cancérigène probable) ou au thiabendazole (autre fongicide interdit en Russie, on se demande bien pourquoi). J’ai parfois l’impression que l’homme n’apprend pas de ses erreurs et qu’il va falloir attendre un nouveau scandale sanitaire, genre « crises des patates folles » pour que l’on arrête ces conneries. Sauf qu’il faudra aussi une « crise sur les agrumes tueurs » puis une autre sur « les bananes empoisonnées », etc.

Il y a d’autres solutions c’est sur, traiter les fruits avec des produits naturels, huiles essentielles, ça marche. Bicarbonate de soude peut-être, c’est un bon anti-fongique. Bref pourquoi prendre le risque de nous empoisonner ?

2015 c’est l’année de NOTRE POUVOIR, l’année pendant laquelle nous tous, devons récupérer notre pouvoir, ce qui implique aussi de récupérer nos responsabilités, toutes nos responsabilités. Comment faire alors ? Ne plus être des con-sots-mateurs mais devenir des consom-acteurs. Notre argent est POUVOIR et nous sommes responsables de la manière dont nous l’utilisons. Achetons des produits sains, pas forcément bio, car même dans le bio il y a des surprises. Quelques test au biochamp ou à l’antenne de Lecher sont surprenants pour ceux qui connaissent ces outils. Pour les autres, apprendre à lire les étiquettes, apprendre à suivre son instinct, se former au biochamp, antenne de Lecher, baguette de sourcier, pendule et cadrans.
Quand nous achetons un produit, nous votons pour ce produit, alors votons pour notre santé !

Arrêtons de vilipender telle entreprise (Monsanto par exemple), tel homme politique (je ne le citerais pas il a bien pris toute l’année passée)… passons à l’action et utilisons le seul pouvoir qu’on ne nous a pas encore retiré parce qu’on ne s’en sert pas vraiment.
Consommons juste, consommons bien, consommons pour défendre nos droits, consommons en assumant nos responsabilités. Oui on ne peux pas éliminer tous les achats toxiques d’un coup, mais faisons l’effort d’essayer, de tendre vers cet objectif, de poser cette résolution en début d’année comme une ligne directrice à suivre au mieux. Prendre le pouvoir c’est gagner en liberté mais aussi assumer nos responsabilités.

Pour aller plus loin et apprendre à utiliser les outils que j’évoque dans l’article (biochamp, baguette de sourcier, antenne de Lecher, pendule…) vous pouvez vous inscrire aux différents ateliers que je propose tout au long de l’année. Voici les prochaines dates :
Dimanche 11 janvier 2015 de 14h à 17h à Paris, initiation au biochamp et découverte des esprits de la nature aux buttes Chaumont.
Samedi 17 janvier 2015 de 11h à 17h à Paris, fabrication et utilisation de la baguette de sourcier. Il reste quelques places, vous repartez avec votre propre baguette. Plus d’infos ici.
Samedi 24 janvier 2015 de 11h à 17h à Callac (Bretagne), outils d’exploration de l’invisible (biochamp, baguette, antenne de Lecher, pendule), usage au quotidien.

Quelques références :
http://fr.wikipedia.org/wiki/Inhibiteur_de_germination
http://fr.wikipedia.org/wiki/Imazalil
http://fr.wikipedia.org/wiki/Thiabendazole





Terra incognita ?

1 12 2014
thierry casasnovas

copyright Thierry Casasnovas

Un petit article pour évoquer un sujet d’actualité. A partir d’aujourd’hui Thierry Casasnovas, que certains d’entre vous connaissent, propose de participer à une aventure de 3 semaines : « Terra incognita ». L’objectif : repousser nos limites, aller au-delà de nos croyances. Thierry est surtout connu pour ses explications très intéressantes sur la physiologie du corps humain et la façon de retrouver son plein potentiel. On aime ou on n’aime pas, il existe des polémiques, certaines personnes contestent sa démarche, je vous laisse vous faire votre opinion.

Plusieurs d’entre vous m’en on parlé au cours de ces dernières années et la curiosité l’a emporté sur la méfiance, j’ai regardé quelques unes de ses vidéos. J’ai trouvé sa démarche sincère et intéressante, j’ai ressenti quelques points de connexion avec sa façon de fonctionner. Du coup, j’ai décidé de tenter l’expérience « Terra incognita 2014 » qui démarre aujourd’hui. Je vais réduire ma consommation de céréales et de produits animaux… manger essentiellement des légumes et des fruits pendant 3 semaines.

N’hésitez pas à partager, à commenter et si vous le souhaitez… vous pouvez aussi participer.

 

Liens utiles :

http://terra-incognita.vivrecru.org/

http://vivrecru.org/

https://www.facebook.com/incognitaterra14

https://www.youtube.com/user/thierry66pasteque





Lunch-thérapie

5 10 2012

Comme vous savez, j’aime bien lancer des concepts, des idées. Donc voici la lunch-thérapie ! Le principe est simple, vous m’invitez à déjeuner au restaurant de votre choix (attention, je ne mange ni crustacés, ni d’abats et je ne bois pas d’alcool) et pendant le repas, on échange sur votre problématique, on débloque ce qui vous entrave. Pas de tarif, juste un repas… c’est pas un beau concept ?

Je vous propose de tenter l’expérience du 15 au 26 octobre sur Paris. Attention je ne déjeune qu’une fois par jour, par conséquent les places sont limitées, n’attendez pas trop pour m’inviter à déjeuner.

NB : J’ai mis une photo de hamburger avec des frites à titre indicatif, soyez plus créatifs que moi sur ce coup là !




Petite escapade entre ami(e)s en Islande – épisode 1

1 08 2012

Voilà un an que nous avions programmé cette petite expédition en Islande, au début nous étions une vingtaine à être intéressés par le projet, puis la routine, les obligations, le manque de motivation aidant, nous nous retrouvâmes 3 « finalistes », billet électronique en main la veille du départ.

Je retrouvais Carine à Paris chez Corinne, une autre amie qui ne pouvais pas nous suivre en Islande mais qui nous hébergeait pour la nuit afin de facilité le trajet jusqu’à l’aéroport Charles De Gaulle. En taxi, à 5h00 du mat’ c’est facile et rapide. Arrivés les premiers nous enregistrons nos valises et attendons l’arrivée de Marion, la 3e aventurière.

Nous n’avons pas à attendre longtemps, la voici accompagnée de son « homme ». Après enregistrement et séparation du couple, nous voilà prêts à franchir la sécurité, les océans et tous les dangers qui nous séparent de cette île mystérieuse au nord de l’Europe.

3 heures de vol, quelques sucreries en plus et nous atterrissons sur la piste de l’aéroport de Kéflavik. Profitez bien des rares noms islandais que je vais citer, car il y en aura pas beaucoup, trop compliqués à écrire et à mémoriser, désolé !

Le soleil nous accueil, il fait un peu frais mais c’est agréable. Un jeune « viking » nous récupère dans le hall et nous conduit en fourgonnette jusqu’au loueur de voitures. Quelques formalités, ,etc. et nous voilà face à l’engin qui va nous servir d’abri, de moyen de locomotion et peut-être plus ? C’est un beau SUV, noir, bleu ou gris, on ne sait pas trop, on va être bien dedans. Nous n’avons pas pris les assurances supplémentaires, contre les gravillons, les crottes d’oiseaux ou les éruptions volcaniques… non, la dernière n’existe pas ! il ne va rien nous arriver, on se l’est promis.

Premières difficultés, la voiture n’a pas de clés, elle est automatique, on ne sait pas la mettre en marche… retour chez le concessionnaire, comment elle marche ? Rapide explications, on le tente… on appuie sur le petit bouton « start »… rien ? Re-appuyage ! Broumm ! Allez on met le levier sur « D »… ah oui le frein à main ! C’est parti, en avant pour l’aventure !

Direction Reykjavik à une vingtaine de minutes de l’aéroport pour prendre possession de notre chambre d’hôtel et visiter la capital islandaise.

Nous nous garons en face de l’hôtel et devant une vitrine pour le moins curieuse, celle du Icelandic Phallological Museum… tout un programme, mais c’est pour plus tard.

La chambre est disponible malgré l’heure matinale, nous nous y installons, très petite, confortable, avec des dessus de lits rayés « zèbre », les wc et douches sont sur le palier, mais c’est propre et moderne.

Nous prenons notre temps pour nous installer, puis décidons d’aller faire un petit tour en ville. Bon là, je dois être honnête, je ne sais pas si c’est l’air islandais, l’intemporalité de cette île ou la nuit est absente ou une manipulation extraterrestre, j’ai beaucoup de mal à me rappeler dans l’ordre les évènements, je mentionnerais donc les faits tels qu’ils me viennent à l’esprit en espérant ne pas trop me tromper dans le cours des choses et dans le rôle de chacun des acteurs de cette aventure. Merci pour votre indulgence.

Je crois que nous sommes parti voir le bord de mer, photos, oiseaux vent frais, très frais. Puis recherche d’un resto, on a galéré un peu, les premiers étaient fermés ou pas très accueillants. Enfin on est tombé sur le 73, la vitrine ne paye pas de mine, mais à l’arrière il y a une terrasse, bon c’est pas saint Trop’, mais avec le soleil et à l’abri du vent c’était les vacances. J’ai pris un super hamburger (300 gr de viande) au bacon avec frites (french fries)… un délice, de loin le meilleur hamburger que j’ai jamais mangé ! Parfait en saveurs, les frites avec un peu de peau (des vraies patates, pas de la purée recomposée) délicieuses ! Miam ! un régal…

Mes complices sont du même avis que moi, en tout cas sur la photo ça semble positif comme avis. Carine, Marion, n’hésitez pas à rajouter de commentaires au bas de l’article pour partager avec les lecteurs l’émotion suscitée par cette délectable nourriture.
Si vous avez des commentaires concernant les bières, n’hésitez pas à partager. Le coca était très classique, rien d’étrange ou de particulier, c’est ça la mondialisation.

Suite à ce bon repas, nous sommes partis explorer la ville en longeant la côte jusqu’à un bâtiment moderne au allures de château de cristal… le Graal y est-il caché ? Je suis pas très fan de l’architecture moderne, mais pour le coup j’ai apprécié ce bloc cristallin posé près du port.

A l’intérieur, un café, un resto, une boutique, des toilettes, une salle de réunion, deux, encore des toilettes, de l’espace et encore des toilettes… ou c’est les même et j’ai fait le tour sans m’en rendre compte.

Après ce bâtiment, les petits immeubles et jolies maisons colorées m’ont semblé assez fades, une petite place ornée de gazon avec une statue en son centre.

Un peu plus loin, une sculpture assez étrange.

Nous avons continué notre balade puis nos oreilles ont été attirées par une mélodie pop et une jolie voix. Sur la principale rue commerçante, un petit groupe de jeunes islandais, interprétais une chanson devant des badauds enthousiastes que nous avons intégré avec plaisir

Musique de rue – Islande 2012

La suite dans le prochain article, première rencontre énergétique avec la cathédrale de Reykjavik.





Suites de coïncidences ou des frites, un café et l’addition !

17 07 2011

L’histoire commence au supermarché, Biou tombe en extase devant une friteuse super-high-tech qui n’utilise qu’une cuillère d’huile pour faire de savoureuse frites croquantes… le rêve d’une ménagère de moins de 50 ans apparemment !
On passe à la caisse avec la friteuse magique, la caissière étonnée par le prix de l’engin, nous dis qu’il y a moins chère ailleurs, encore une qui ne touche pas d’intéressement visiblement. Un peu troublés par ces propos, nous décidons de ne pas repartir avec la machine à rêves qui fait des frites presque pas grasses. C’est la première coïncidence.
Nous quittons le parking du supermarché, Biou toujours sous le charme de la friteuse. Au lieu de rentrer, direction un grand magasin d’électroménager, hifi etc. Là nous retrouvons la super friteuse à un prix nettement moins cher… merci madame la caissière de l’hypermarché. En nous rendant à la caisse, Biou jette un oeil aux machines à café… hum ! un petit capuccino, ça fait quelques temps que Biou m’en parle ! Mais c’est un peu cher tout de même ! Biou ressert ses petites mains autour du carton de la friteuse et repart vers la caisse. A quelques mètres de la caisse, un tréteau sur lequel sont posés les bonnes affaires, des produits légèrement abîmés ou incomplets, ou des modèles de démonstration, bref tout ce qui est invendable, mais qui peut trouver preneur à prix réduit. Au milieu de ce fatras, Biou repère la machine à café qui fait aussi du chocolat, du thé et quoi d’autre ? Elle est à moitié prix, on l’examine… le réservoir en plastique a un petit bout en moins, mais ça ne semble pas gêner son fonctionnement. Aller c’est bon, on la prend ! Deuxième coïncidence.
Retour à la maison. On installe les nouveaux appareils, la friteuse fonctionne à merveilles, les frites sont bonnes, pas grasses, génial ! L’heure du café est arrivé. Déception ! Au lieu du café tant attendu, c’est de l’eau chaude qui coule un peu partout, surtout hors de la tasse… J’examine de plus près l’objet, il manque une pièce, quelque chose qui perce la capsule. Un petit tour sur le net et j’ai la confirmation qu’il manque une petite pièce en plastique. J’ai une info (claire-information ou inspiration divine, je présume), je sais dans quel magasin il faut aller. Nous y allons, mais pas de pièce en vente, je me rends au rayon où sont exposées les machines à café. Il y a 6 cafetières du même modèle que la notre, je me dirige vers l’une d’elles, je soulève le clapet et découvre la petite pièce tant recherchée. Je referme et examine les 5 autres machines. La pièce manque sur chacune d’elles. Coïncidence 3 ?
Biou me rejoint, je lui montre la pièce dans la seule cafetière qui en est équipée… ni une ni deux, elle empoche le bout de plastique et hop ! Avant de sortir, Biou passe au rayon ustensiles culinaires, prend un moule à tarte, envie de faire une quiche ! Elle passe à la caisse.
Arrivés à la maison, je place la pièce dans notre machine, une cartouche, une tasse et le bonheur jailli sous forme d’un filet coloré qui tombe en moussant dans la tasse. Hourra ! Biou place le moule à tarte dans le four… impossible de fermer la porte. Pas grave, il n’aura servi qu’à faire circuler l’info (l’argent) et finira chez ma mère dont le four est un peu plus profond. Coïncidence 4.
A l’arrivée, nous avons une friteuse et un machine à café, chocolat et thé pour le prix qu’aurait dû nous coûter la friteuse dans le supermarché si première coïncidence, la caissière ne nous avait pas empêché de l’acheter.





Rapa Nui, culinairement vôtre !

1 05 2011

Nous arrivons vers 17h30 à l’hôtel, Petra et sa petite famille sont déjà là, ils ont creusé un trou dans le sol du jardin, y ont mis des pierres et du bois et allumé un feu. Pendant que les pierres chauffent, Petra, ses 2 fils, son mari et un autre homme préparent les ingrédients. Il y a une pâte jaune dans une grande casserole en fer blanc, qui fera office de pain une fois cuit, des côtes de porc et du poulet, des patates douces et du taro. A l’aide d’une tasse, un des gamins verse de la pâte sur une feuille de bananier prédécoupée, un des adultes repli la feuille de bananier pour emmailloter le tout, puis à l’aide d’une petite lanière végétale ficèle l’ensemble. Pour assouplir les feuilles de bananier, Rico (le mari de Petra) les pause quelques secondes sur les pierres en train de chauffer. Ils vident la casserole tasse par tasse transformant la pâte jaunâtre en briquettes de feuilles vertes. Ensuite, Vicente (l’homme qui semble orchestrer tout ça), commence à éplucher le taro. Pendant ce temps, Rico en compagnie de sa femme préparent la viande. Vicente termine l’épluchage. Il s’approche du feu et à l’aide d’une pelle qui me rappelle étrangement le film « Bernie » d’Albert Dupontel, il retire quelques cailloux et les morceaux de bois enflammés. Les bûches assemblés dans un coin du jardin sont éteintes par le plus jeune fils de Petra à l’aide d’un tuyau d’arrosage. Rico et Vicente tournent autour du trou plein de pierres volcaniques brûlantes entamant une sorte de danse dont l’objet est de retirer un maximum de pierres pour dégager le trou. Équipés d’un petit caillou dans chaque main, ils pincent les pierres chaudes avec et d’un geste rapide les éjectent vers l’extérieur. C’est un peu dangereux, d’ailleurs, Rico pose sont pied chaussé d’une simple tong sur un des cailloux… petit saut, juron étouffé… plus de peur que de mal, heureusement. Au bout de quelques minutes, le trou est suffisamment dégagé.
Vicente tapisse le fond du trou contenant encore quelques pierres chaudes de feuilles de bananier. Une fois le berceau végétal mis en place, Vicente assisté de Rico, pausent les petits paquets verts contenant la pâte jaune. Une nouvelle couche de feuilles de bananier. Par dessus, quelques pierres chaudes. La viande dans des plats à four est déposée dessus. Vicente rajoute sur la viande les morceaux de taro épluchés. Nouvelle couche de feuilles, les patates douces sont posées à leur tour et une dernière couche de feuilles recouvre le tout… enfin presque car Rico nous explique qu’il faut mettre encore plus de feuilles afin de rendre le tout bien hermétique. Le seul soucis c’est qu’il en faut beaucoup et encore plus que ça… alors aujourd’hui, on remplace toutes ces feuilles supplémentaires par une bâche plastique. Les traditions ne sont plus ce quelles étaient, d’ailleurs Rico nous explique que dans le temps, ce n’était pas du poulet et du porc mais du rat et de l’humain qui était servi aux convives… finalement le progrès a du bon ! Nos deux rapa nui déposent le film plastique transparent et pour le rendre bien hermétique, ils enterrent les bords. De la buée se forme rendant la bulle plastique opaque.
Il faut laisser cuire 2 à 3 heures. Nous nous installons autour et discutons, chantons avec Jean-Pierre « le chaman », partageons bières et autres boissons avec nos cuisiniers. Ils nous parlent des problèmes qu’ils rencontrent avec le gouvernement chilien, des tentatives de celui-ci pour les expolier de leurs terres ancestrales et céder contre monnaie le sol rapa nui à des investisseurs étrangers qui n’ont qu’une idée en tête, construire des complexes hôteliers et transformer l’île en Disneyland du Pacifique. JP demande comment peut-on faire pour acheter des terres, Vicente répond avec humour qu’il suffit de lui donner une de ses filles en échange… Il semblerai que les choses s’améliorent, la tribu de Vicente a gagné un procès et devrait récupérer une partie des terres ancestrales, mais le combat continu pour les rapa nui.
Le soleil décline, je récupère une petite fleur d’hibiscus jaune pour la mettre dans les cheveux de Biou… ce qu’elle est belle ! Les autres femmes se coiffent d’une fleur identique, photos et rephotos. Le soleil décline, elles sont belles !  Nous allons voir Akapu, transformés en petits japonais, nous saisissons chaque instant sur nos pellicules numériques. Au loin un paquebot de croisière a remplacé la frégate Chilienne partie deux jours avant le tsunami. Le soleil se couche, superbe !
Nous retrouvons nos cuisiniers, il fait noir, il est temps de préparer la table, nous sortons  3 tables de la salle à manger, les installons près du trou dans le jardin. Petra pose un chemin de table en feuilles de bananier et fleurs, quelques assiettes, les couverts… c’est très beau. Il est temps à présent de manger. Vicente retire la terre, puis avec l’aide de Rico et des enfants,  la bâche, les premières feuilles de bananier. Ils placent les patates douces dans un récipient, retirent les plats à four d’où se répend une douce odeur de viande cuite… ça à l’air super bon ! Rico nous sert, nous nous asseyons rapidement autour des tables. Petra nous apporte une petite sauce piquante, une salade de pommes de terre. Distribution des petits pains libérés de leur enveloppe en feuille de bananes. C’est très bon ! Trop bon, même !
Je ne saurais décrire le petit pain, un peu sucré pas vraiment la consistance d’un pain, mais très bon. Très roboratif aussi. La viande fond dans la bouche, les tubercules dégagent tous leur arôme sous la pression de mes dents. Je mâche longuement, libérant les enzymes qui décomposent les aliments en une multitude de molécules qui titillent mes papilles.
Après le repas, Jean-Pierre « le chaman » entame une discussion avec les deux cuisiniers. Il essaye de les brancher sur le mana, refroidissement direct ! Les deux hommes se taisent, se regardent, puis finalement répondent en noyant le poisson.
Rico est celui qui parle le plus, mais j’observe Vicente depuis le début, il semble en savoir plus que Rico, il a quelque chose de magique, j’ai l’impression de rencontrer un frère d’armes, dans quelle guerre… je ne sais même pas si je suis encore en guerre.
Rico nous parle du tsunami, de la forme de l’île en triangle et du socle évasé qui la maintient à la plaque océanique. De la pêche à la langouste quand l’océan se retire avant que le tsunami ne déferle. Vicente parle peu mais la profondeur de ses mots m’intrigue. Je vois bien qu’il nous examine de la même manière que je suis en train de le faire, nous sommes des touristes peu commun. En général, les étrangers arrivent sur l’île par avion ou bateau, parcourent les sites touristiques en 3 jours et repartent aussi sec. Nous sommes là depuis une semaine et nous n’avons pas encore visité les deux points les plus touristiques de l’île. Il est tard, nous nous saluons, Vicente me laisse une forte impression, chacun regagne son domicile.