Rapa Nui, côte-ouest

24 03 2011

Le titre n’a rien à voir avec la famille Ewing, Dallas et son univers impitoyable. Simplement en cette seconde journée sur Rapa Nui, nous avons visité la côte ouest de l’île. Connaissant JP, j’ai rempli mon sac à dos de lampes torches, frontales, bouteilles d’eau, canif, 3 chapeaux… un vrai petit colporteur. Et très vite je vois que j’ai eu raison. Il fait une chaleur accablante, boire de l’eau ne sera pas un luxe. Les casquettes seront réparties, tout le monde n’a pas pris son chapeau. Les lampes, se montreront utiles très rapidement, dès la première grotte.
Mais pour commencer, nous nous rendons au bord d’une falaise, c’est un lieu dédié à l’amour de nos ancêtres selon Christophe. JP nous propose de longer la falaise tranquillement, de ressentir le lieu, de passer le temps nécessaire là où nous en ressentons le besoin. Nous défilons donc le long de l’à-pic rocheux, certains s’arrêtent rapidement, d’autres filent à l’autre bout, chacun se pose. JP nous explique qu’il faut trouver le lieu sur lequel l’on est le plus à l’aise, y passer un peu de temps, puis faire de même avec le lieu où on se sent le moins bien.Je me rends tranquillement vers l’extrémité de la zone en ressentant les différents points que je traverse. Tout au bout, c’est là que je me sens le mieux, je m’y installe assis sur des rochers et des rochers il y en a partout, on a l’embarras du choix pour poser ses petites fesses, les grosses fesses sont les bienvenues aussi vue la taille de certains blocs de pierre. Je regarde la mer, le ciel, les cailloux, c’est beau ! Certains de mes compagnons se déplacent et s’installent sur d’autres zones, d’autres restent sur leur premier choix alors qu’à mon tour je bouge, je me dirige vers la zone presque au tout début sur laquelle je ne me sens pas bien bien du tout, j’ai l’impression d’être aspiré, mon équilibre est perturbé.  Je m’assoie tout au bord de la falaise, j’y reste quelques minutes, beaucoup de minutes, je ne sais plus. Le temps disparaît sur cette île, on est dans l’instant présent et en même temps il y a des effluves du passé ou peut-être du futur… je ne sais pas trop comment l’expliquer, le temps n’a plus la même valeur, le même sens, d’ailleurs quand je retranscris notre séjour, j’ai un mal fou à me rappeler tout ce que nous avons fait et surtout l’ordre dans lequel nous l’avons fait. Finalement, nous commençons à nous regrouper, JP nous explique que toutes les points que nous avons testé sur cette zone représentent les différentes étapes de la vie, le premier point est la conception, le dernier le moment présent… je lui demande à quoi correspond le point sur lequel j’étais, c’est la naissance… très intéressant, vu que ma naissance a été plutôt difficile, voir plus. Intéressant de remarquer que le point sur lequel je me sens le mieux correspond au moment présent.

Nous repartons vers le nord, direction la grotte de Ana Kakenga qui paraît-il vaut le détour, je savais bien que ma lampe frontale serait utile.JP décide d’y jeter un oeil, je le suis. L’entrée étroite a été arrangée, il y a un semblant de marches qui mène dans le ventre de la terre. Il faut se baisser au début, et faire attention à sa tête. Quelques mètres plus loin, on peut se redresser, une salle assez large puis la grotte se divise en 2 tunnels qui débouchent sur la mer. Le côté droit est assez abrupte, plutôt masculin, à gauche c’est plus délicat, plus féminin. JP propose de déjeuner ici. De retour à la voiture, ns compagnons ne sont pas très chauds pour descendre dans le trou et y manger. Mais JP réussi à les convaincre et voilà toute la petite troupe qui se retrouve devant l’entrée de la grotte. JP choisi la personne qui se sent le moins à l’aise avec l’idée de passer un moment sous terre et la pousse, l’accompagne vers l’intérieur. Les autres suivent. Après une descente difficile pour certains, nous nous retrouvons dans cet sorte d’utérus tellurique. Nous nous installons, partageons des sandwichs, des oeufs durs et des chips. Quelques photos, un peu de méditation, c’est très impressionnant de se retrouver au bord des trous au milieu de la falaise face à l’océan Pacifique avec des tonnes de terre et de pierres au-dessus de nos têtes.

Nous repartons après avoir ramassé nos déchets, laissant la grotte dans l’état dans lequel nous l’avons trouvé. La sortie est un peu difficile, le plafond bas et l’angle de l’issue provoquant quelques petits chocs et égratignures. Jean-Pierre le Chaman y laisse un petit bout de scalpe, même si les éraflures sont impressionnantes, elles se révèlent sans gravité. L’autre JP (l’organisateur du stage) qui a déjà pratiqué la spéléo, nous conseille de porter ne serais-ce qu’une casquette quand on descend dans les grottes, ça évite l’abrasion du cuir chevelu lors de chocs légers à la tête. Je prête un des chapeaux que j’avais dans mon sac à notre chaman préféré. Nous repartons un peu plus loin, où une nouvelle caverne nous attend. L’entrée est beaucoup plus large, l’intérieur aussi. Au milieu de la salle, un rectangle de pierre posé sur le sol évoque un grand lit matrimonial, la grotte s’enfonce dans l’obscurité. Plusieurs camarades s’enfoncent dans le noir. J’explore la grande salle à l’aide de mon faisceau lumineux, à droite de l’entrée, un petit orifice attire mon attention, j’en fait part à JP, qui s’engage dans le trou. Je pars à sa suite, Biou, Jean-Pierre le chaman et Leon me suivent. Le tunnel se ressert, il faut avancer couché dans la poussière, c’est très excitant ! Finalement JP s’arrête dans une petite salle où l’on peut se tenir accroupi, pour continuer il faut du matériel spéléo, le boyau étant extrêmement étroit et peu praticable. Nous nous installons tous les quatre dans le petit réduit et éteignons les lampes… c’est un moment très intense, il fait noir, totalement noir, les sons sont différents, le silence est profond, le corps vibre, je ne sais plus trop où se termine mon corps, au niveau de ma peau ou au-delà ? Une lumière interrompt ma méditation, un autre compagnon nous rejoint, c’est Christophe, je suis heureux qu’il soit là, je ne sais pas pourquoi. De nouveau dans le noir, nous profitons du silence… enfin presque car un petit sifflement se fait entendre depuis un moment… on dirait de l’eau qui suinte. Une petite odeur de gaz ? Petite inquiétude… ce n’est rien, le chaman brandit son briquet, il fuit.
Combien de temps avons nous passé dans le noir ? Je ne sais pas, mais nous décidons de rejoindre le reste du groupe. Alors que je rampe dans le tunnel, JP qui est encore dans la petite salle, entonne un chant. Je m’arrête quelques instants dans le boyau profitant des vibrations. Une fois de nouveau dans la grande salle, je pars vers le fond de la grotte où se nous attendent Une partie de la troupe. Une petite ouverture permet de rejoindre l’extérieur. Je l’emprunte, ça sent super bon, je débouche au pied d’un magnifique figuier qui embaume l’air de son parfum délicat. Le reste de la troupe est assis autour de l’arbre. Je m’installe avec eux en attendant que les retardataires nous rejoignent.

Une fois au complet, nous repartons vers le nord. Arrivés au bout de la route, nous partons à la recherche de ruines d’un village. Un troupeau de chevaux mené par un cow-boy pascuan croise notre route… c’est un spectacle magnifique !
Nous trouvons le village, tas de pierre plein d’histoires, ruines vibrantes. Nous nous perdons parmi les cailloux, les monticules et les énergies. De-ci de-là quelques carcasses d’animaux blanchies par le soleil qui tape dur malgré l’heure tardive.
Au fond, au bord de la terre, à la frontière de l’océan, un ahu en ruines. Dos contre le ahu (je sais c’est interdit), face à la mer, chacun reçois de l’énergie en fonction de ses besoins.
La journée a été longue, nous rentrons prendre l’apéro, manger et nous coucher.
Deux jours à Rapa Nui et nous avons l’impression d’y avoir vécu mille ans.

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