Petite escale technique aux urgences

14 07 2013

UrgencesSuite à un petit soucis de santé et à la rencontre d’un médecin nouvelle génération, je me suis retrouvé aux urgences. C’est un univers particulier. On dirait une ruche bondée d’abeilles sous round-up, qui tournent dans tous les sens sans trop savoir pourquoi elles tournent. Beaucoup moins de paperasse que je ne l’aurais cru, un petit bracelet coloré au poignet et hop ! on me demande de m’asseoir sur un brancard de luxe, tout simili-cuir sur lequel on a placé un drap blanc marqué du sigle de la blanchisserie hospitalière de Saint Germain en Laye. C’est rassurant de savoir que saint Germain est dans les parages, surtout que le drap glisse sur le faux cuir. On me roule donc d’étape en étape à la rencontre de l’infirmier truc, l’infirmière machin… un vrai fort Boyard en direct !
De temps en temps passe-partout vêtu de blanc se pointe et me colle un truc sur le doigt, sous le bras, autour du bras… je suppose que  l’épreuve est réussie, puisqu’il s’en va avec son matériel et qu’un autre vient me proposer une nouvelle épreuve. Après cette première série, on me conduit au coeur du fort. Je poireaute dans le couloir, comme dans un bon vieil épisode d’Urgences, pas de Dr Clooney en vue cependant. Enfin on m’installe dans un box, le numéro 10, ça me plaît ! Les épreuves sont plus difficiles, une douce infirmière s’approche de moi matériel de prise de sang à la main. Mes veines se planquent en voyant les doigts de la jeune femme s’approcher de mon bras… où va-t-elle pouvoir enfoncer son aiguille ? Je demande à une de mes veines de se porter volontaire, la plus vaillante s’avance, poitrine en avant, l’aiguille la pénètre et le sang empli les petits tubes que l’infirmière étiquette avant de quitter la pièce. Je suis un veinard, j’ai droit à l’épreuve de l’électrocardiogramme, Félindra déguisée en infirmière me colle des faux percings métalliques tout autour des tétons, sur mes poils bien sur… j’ai mal d’avance en pensant qu’il faudra les retirer. Félindra branche des câbles aux bitonios métalliques, appui sur un bouton et la machine crache un ruban de papier tout tatoué de courbes. Nouvelle épreuve réussie.
L’interne arrive quelques temps après. Cela devient Question pour un Champion, sauf que j’ai pas de buzzer. Les questions défilent, mes réponses aussi, puis après un rapide examen physique, l’interne repart porter mes réponses à son chef.
On me remet dans le couloir et j’attend, j’attend longtemps. Puis on me roule jusqu’au lieu où aura lieu la dernière épreuve, un gars attend qu’on le ramène dans sa chambre. Il tousse et expulse par tous les trous ce qui reste de vivant en lui. On l’évacue, et mon tour arrive. Un type taciturne aux allures de fossoyeur portant une étiquette qui l’identifie comme le médecin fait signe à une infirmière de me faire rouler jusqu’à la salle d’examen. En voyant mon nom, il me lance qu’il connait plusieurs patient qui ont mon patronyme et qui sont atteints d’une maladie incurable aux symptômes proches de ceux qui s’expriment en ce moment chez moi. Merci pour l’accueil, même pas mal ! Je lui balance 2 ou 3 vannettes, je m’installe pour l’examen. Cela se passe relativement vite, malgré les tentatives continues du fossoyeur pour me déstabiliser. Finalement à 16h40, il me donne le papier qui me permettra d’avoir accès au trésor dont j’ai besoin (le médicament que j’étais venu chercher chez le médecin ce matin à 10h30). On me roule de nouveau au coeur des urgences et j’attend, j’attend… je préviens 2 infirmières que j’ai fait la dernière « épreuve », que j’ai le papier… la première disparaît, sans doute mangé par un des tigres de Félindra. La seconde me dit que tout est informatique et que par conséquent on attend encore le résultat. Le patient à toujours tord, il chouine, râle mais ne sait pas ce qu’il a et ne peut pas détenir les résultats. J’attend donc au milieu des vieilles personnes déshumanisées, allongées dans des draps blancs comme une présentation faite à la mort. Elles ont  toutes la même tête, décoiffée, déplumée, sans le chapeau ou la coiffure qui permettait qu’on les reconnaisse quand elles étaient encore bien en vie. Là elles ont toutes le même visage livide, émacié qui dépasse du drap blanc aux allures de linceul. Finalement après une heure et demi d’attente, le résultat ne s’étant pas matérialisé sur les ordinateurs, l’interne de tout à l’heure, se pointe intriguée. Je lui tend le papier en lui expliquant que j’ai voulu le donner à deux infirmières qui n’en n’ont pas voulu. Elle (c’est une jeune femme) se confond en excuses, repart avec le papier dresser les conclusions. Elle revient toujours enveloppée de son manteau d »excuses, m’autorise à me rhabiller, je retire les faux-percings que l’on m’a collé sur les poils du torse… ouille ! Elle me tend le dossier, m’explique que tout est normal. Elle m’accompagne jusqu’à la sortie sur un tapis d’excuses… Hop ! Libre enfin !

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3 responses

14 07 2013
Philippe Bouquet

Hello Angel,
Quelle idée étrange que d’aller traquer aux urgences fées et lutins…..;0)
Prends soin de toi mon ami;
Philippe

14 07 2013
Pegase

Hello Christine, Philippe,
si tu me prêtes ton bras Christine, je veux bien y faire une piqure… énergétique 😉
On arrête pas les aventuriers de l’invisible, jusqu’au fond des urgences s’il le faut pour rencontrer les énergies qui nous entourent. 😉
Il y avait de belles énergies sur place, heureusement !
Je vous embrasse, à bientôt.

14 07 2013
Christine

J’ADORE…
Allez, tu nous la refais, mais en prenant maintenant le rôle de l’infirmière ?

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