Petite escapade entre amis en Islande épisode 4

30 01 2013

vue de la mer depuis ReikjavickIslande est une île comme son nom en français le laisse supposer, donc il y a plein d’eau autour et même dessus, c’est une terre liquide, on sent bien sous nos pieds les courants énergétiques, aquatiques, volcaniques qui la parcourent, qui la remuent et qui des fois nous font flipper.
Dans ce petit article, je vais vous raconter nos péripéties sur l’eau. Il faut savoir que je n’ai pas eu l’occasion de faire de bateau en pleine mer avant cet épisode… j’étais vierge en navigation en arrivant sur cette île. Cela n’a pas duré, deux ou trois jours après notre arrivée, nous avons décidé à l’unanimité de nos corps, je précise car je ne suis pas certain que toutes mes cellules avaient envie de vivre l’expérience, de prendre le ferry jusqu’aux iles Vestmann (je crois, j’ai du mal à me rappeler des noms). Nous avons embarqué sur un beau ferry en partance pour ces îles, mon organisme a hésité pendant quelques minutes entre accepter de perdre ses repères ou vomir, heureusement pour moi il a pris la première option et le voyage c’est 20120714_162636bien passé, le temps était gris mais pas de tempête, ni de trop forte pluie. La traversée c’est faite en compagnies de mouettes et d’autres oiseaux que je n’ai pas identifié. Et finalement au loin après avoir perdu les terres de vue, une nouvelle terre est apparue, très escarpée, avec des falaises recouvertes de guano et beaucoup d’oiseaux. Pour arriver au port, on se faufile entre les falaises, c’est impressionnant puis on arrive devant les quais, après quelques manœuvres, le bateau se gare comme une grosse camionnette. Tout le monde descend, le paysage est assez impressionnant, il se dégage du lieu une force certaine, très brute. Et là, dans le port on a vu une pub pour un tour en canot survitaminé autour de l’ile avec comme prétexte de voir les oiseaux. Je dis prétexte, car en fait pour voir les oiseaux on pourrait y aller avec un bateau « normal », là ce qui est drôle c’est le petit zodiac de course qui fend la mer et saute de vague en vague comme un mustang dans un rodéo. Donc mon petit enfant intérieur est pris de frissons quand les filles expriment leur envie de ce taper ce petit délire flottant, euh… un bateau en un jour ça me semblait déjà un bel exploit… bon aller on va tenter l’expérience, je me laisse porter par l’enthousiasme de Marion et de Carine. Nous nous inscrivons pour le prochain tour de piste, en attendant nous avons le temps de faire un tour dans les rues du village.
oiseaux guanocie IMG_3299 © Carine Allain - 2012IMG_3304 IMG_3326 IMG_3317 IMG_3300 A l’heure dite nous voilà au point de rendez-vous. On nous refile des combinaisons de survie, des gilets de sauvetage, nous nous équipons et rejoignons les petites embarcations. S’installer dessus est déjà intéressant, on chevauche des sortes de sièges/selles avec un arçon posé devant pour s’accrocher… ça pu cette histoire ! La tenue, le gilet de sauvetage, le siège et sa poignée… je crains le pire.
Tout le monde monte, le capitaine est un viking d’une cinquantaine d’années, sympathique mais qui pourrait vous arrachez les intestins avec les dents si l’envie lui venait. Il a un sourire carnassier, le visage buriné par le vent marin, un peu comme les falaises qui nous entourent. Nous quittons le port, lentement, c’en est même inquiétant tellement c’est doux, du coup tout notre équipement me semble démesuré. Mais très vite, le « pédalo » accélère, se transformant en petite ferrari des mers… et d’un seul coup il vire de bord presque à 90°, whaoooooooooooooooouuu ! ça me glace le sang, mais j’adore ! Et on part à la recherche d’oiseaux, de nids sur la falaise, de grottes obscures en changeant de rythme, passant de l’état de matelas pneumatique de plage à hors-bord de compétition en quelques dixièmes de secondes. Et petits virages serrés après petits virages serrés, saut de vagues en vagues où mon cul s’écrase sur la selle/siège, nous croisons les oiseaux, leurs nids et quelques puffins (macareux moines), sources de toute notre attention. Drôle d’oiseau que le puffin, être multidimensionnel, pataud dans notre univers, munis de ce nez de clown multicolore qui le rend reconnaissable entre tous les autres oiseaux de mer. Le capitaine a une petite attirance pour Carine, des fois j’ai l’impression qu’il commente le tour uniquement pour elle. Il joue de son côté vieux loup de mer, c’est drôle et charmant, je le trouve sympathique, un drôle de bonhomme. Nous rentrons au port éreintés, combinaisons trempées, mais ravis par le spectacle.
Nous rendons l’équipement, et regagnons le quai ou nous attend le ferry. A l’heure dite, nous embarquons, reprenons le chemin du retour, long, pluvieux et environné de mouettes et autres oiseaux marins. Le spectacle est beau, je ne m’en lasse pas. La terre disparait, plus rien que l’océan, puis après un long moment, une ombre au loin, qui peu à peu s’affirme, se confirme, la terre, le ferry ralenti, manœuvre d’accostage et nous revoilà à quai.C’était mon baptême marin… c’était bien !

Sur le coup je pensais que c’était fini, plus de bateau jusqu’à la fin du séjour… heureuse erreur !
20120715_170323 20120715_180214 20120715_182136 photo (10)Dès le lendemain, nous nous rendons au bord du lac Jökulsárlón, un grand lac rempli d’icebergs. Après avoir fait un petit tour sur ses rives, avoir récolté quelques jolies pierres, vu un phoque nous passer sous le nez, Marion nous demande d’y faire une balade en bateau… il est un peu tard, nous ne sommes pas sur de pouvoir le faire, nous arrivons devant une camionnette où sont proposées des balades en zodiac, mais les dernières sorties affichent complet, un peu déçus, nous décidons d’aller un peu plus loin, où d’autres personnes proposent des promenades sur le lac en camions amphibie, ça me parle bien, tant qu’à me gaver de bateaux autant faire dans l’originalité. En plus il reste des places et le départ est imminent. Nous grimpons à bord d’une grosse bétaillère, nous nous équipons d’un gilet de sauvetage orange du plus bel effet et en route sur le chemin pierreux. Arrivé au bord du lac, le véhicule s’enfonce lentement dans l’eau rejoignant les icebergs en pleine baignade. C’est très impressionnant ce passage entre la terre et l’eau, ce moment où l’on change d’élément. Un instant j’hésite entre garder mes poumons ou me laisser pousser des branchies, finalement mes poumons me seront plus utiles. Et on flotte, étonnant quand on regarde l’allure de l’engin qui nous porte. Le guide, un asiatique fort sympathique, nous explique la formation de la glace, les couleurs des icebergs, nous parle des films tournés sur ce lac et de l’entreprise que cela a été de geler le lac qui naturellement ne gèle pas car il a un bras qui se jette dans la mer. Nous flottons entre les blocs de glace, monochromes, bicolores, tricolores. C’est irréel, l’impression d’être passé dans une autre dimension. Le guide nous fait gouter de la glace vieille de plusieurs millions d’années, Marion en récupère un bloc, elle veut le présenter à un whisky qui attend dans la voiture. Nous quittons l’eau comme nous y sommes entré, par le petit chemin pierreux. Arrivé au parking des camions flottants, Carine et moi partons longer le bord du lac, pendant que Marion joue les entremetteuses entre la glace et le whisky. Pendant notre promenade, nous assistons au renversement d’un iceberg, c’est bruyant, on est pas grand chose face à la puissance de la nature.

Après cette excursion aquatique je croyais être sevré, on a bourlingué confortablement pendant quelques jours sans trop approcher de l’océan, ni de bateaux, même si les rivières, chutes d’eau et autres manifestations d’H2O étaient toujours présentes dans le décor. 20120720_161843 20120720_104244Nous sommes parvenus au nord de l’ile. De là, l’ile la plus septentrionale est accessible par ferry, du coup, on n’a pas pu s’en empêcher, il a fallu que l’on prenne le bateau. Ce coup-ci le temps était moins clément, beaucoup de vent, de la pluie et comme nous sommes des aventuriers… quelque part sans doute, nous avons décidé, Carine et moi de faire la traversée sur le pont avant du bateau, au début il y avait quelques courageux avec nous, mais très vite les rangs se sont clairsemés, nous laissant seuls sur le pont à braver la tempête (enfin le grain). C’était tripant, génial, on était trempés, on ne ressemblait à rien, mais c’était phénoménal comme sensation de liberté, de jouissance du moment présent. 3heures à se prendre les embruns, le ressac et toute la flotte qui pouvait nous atteindre. Bizarre comme tout est relatif, à Paris je râle si je me prend une averse, là, je frôle l’extase sous des tonnes d’eau froide. Comme par magie, nous arrivons au port de Grimsey avant de ressentir trop le froid et l’inconfort de toute cette humidité. Grimsey est une ile étonnante, elle est dans le cercle polaire, elle regorge d’oiseaux, surtout de puffins (macareux moine), on en trouve partout, comme des nuées de mouches, partout sur les falaises, débouchant de leur terriers. On ne voit pas d’hommes, c’est une femme qui s’occupe des amarres, des femmes qui tiennent le resto des femmes sur les engins de portage autour du port, des femmes partout. Nous nous sommes installés dans le resto, avons commandé une soupe aux champignons, c’est open-bar, on paye un bol et on peut se resservir tant qu’il y a de la place dans notre estomac, c’est lors de ces occasions que l’on se rend compte que l’estomac est plus vaste que ce que l’on pensait. Vraiment bonne cette soupe. On fait un petit concours, on espionne nos voisins, histoire de voir qui se ressert le plus de soupe et de pain… c’est un petit vieux, premier à remplir son assiette quand la soupière complètement vidée par nos assauts est enfin ravitaillée.
20120720_145331Après avoir rempli nos corps, nous partons faire un tour rapide, faut pas rater le bateau, sinon on est bloqué là jusqu’au lendemain. Rencontre avec le puffins, volant, surveillants, entrant ou sortant des terriers creusés dans la falaise. Magique ! Puis on franchit le cercle arctique symbolisé par un poteau plein de flèches directionnelles. Je me retrouve devant un gros rocher qui se trouve sur le cercle arctique que je photographie pour une amie. Puis nous repartons vers le port, embarquons et de nouveau en mer face aux intempéries. Cette fois, nous sommes comme la plupart des passagers épuisés, nous trouvons un petit coin au pied d’un escalier pour nous poser et piquer un petit somme, d’un oeil mais c’est mieux que rien. Nous débarquons finalement à notre point de départ, content de trouver un bon lit et très satisfaits de ce petit voyage en terres/mers polaires.

Voilà pour nos aventures en mer, mais nous avons côtoyé des cascades, toutes plus magnifiques les unes que les autres, l’une d’elle a eu raison de mon appareil photo. Celle qui m’a le plus touché c’est Godafoss, j’en parlerais dans un prochain épisode. Nous avons aussi rencontré des torrents, Carine s’y est baignée, c’est très courageux car l’eau était assez fraiche.

En récompense pour nos efforts, nous avons fini notre séjour dans ce pays magique au Blue Lagoon, une piscine à eau chaude, très chaude. J’en reparlerais dans un autre article.

© Carine Allain - 2012

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C’est étrange, je croyais l’article achevé et en regardant les quelques photos que je voulais incorporer, je me suis rendu compte que j’avais fait l’impasse sur une sortie en mer sur un baleinier reclassé pour aller voir les mammifères marins. D’autant plus étrange que cette sortie a eu lieu dans la seule escale où je n’étais pas bien car je ne me sentais pas du tout en harmonie avec cette ville et le lieu d’hébergement énergétiquement pollué. Pourtant la balade en mer était sympathique, accompagnée d’une guide charmante, hollandaise et francophone, le luxe ! Nous avons vu et approché quelques baleines, et la navigation sur un ancien baleinier était assez poétique.

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