Rapa Nui, élément terre

8 04 2011

Du sommet du Puakatiki, nous observons les alentours. Un bosquet d’eucalyptus au bord de l’océan attire nos regards. JP nous confirme que c’est la que nous devons aller. La descente est moins rude que l’ascension, nous filons tout droit vers la masse verte qui petit à petit masque les eaux du Pacifique. Quelques vaches semées entre les cailloux et les touffes de lupin, nous regardent passer. Le soleil tape dur, nous atteignons l’ombre offerte par les eucalyptus. Mais JP ne s’arrête pas là… il continue tout droit à travers les tronc argentés. Nous traversons le petit bois, enfin quelques uns, le reste de la troupe se pause à l’ombre. Nous débouchons dans un autre monde, devant nous, de la terre rouge, ocre, brune érodée par l’eau et le vent. Rien ne pousse, seule la terre est encore présente. Des ravines, grand Canyon miniature balafre le sol. Nous suivons ces blessures en direction de la mer. La chaleur est éprouvante, le sol nous la renvoie, j’ai l’impression d’être un panini fromage. Au bout d’un kilomètre, nous arrivons enfin au bout du bout de la terre, une falaise, une petite terrasse et le vide jusqu’au raz des flots d’où émergent quelques rochers. C’est sur cette terrasse de terre rouge, que JP nous invite à taper du pied et à chanter pour appeler une énergie oubliée.

La bonne nouvelle, c’est que ce n’est pas le point en rapport avec la terre. Celui-ci se trouve près du bosquet, il faut donc remonter le kilomètre de terre dévastée sous le soleil de plomb. La souffrance s’arrête enfin lorsque nous pénétrons de nouveau dans le bosquet d’eucalyptus, frais, parfumé. JP nous indique le lieu, à l’orée du bois, Christophe nous y attend. Toute la troupe nous rejoint. Nous nous asseyons par terre… Nous attendons la pluie, c’est le message perçu par Christophe. Le filtre coloré est de teinté de kaki. Nous attendons… sans rien faire. La couleur disparaît, le point nous apprend la patience.
Nous levons le camp, direction la voiture. Je prend un bâton par terre, ça m’aidera pendant la montée. Nous longeons la falaise, nous dirigeant vers les trois mamelons de

terre qui pointent sur la crête. En bord de falaise un ahu dévasté, nous faisons une petite pause photo, avec mon bâton je ressemble à un berger, un petit air de « Justin Bridou » peut-être. Nous reprenons la route, enfin le col, le plaisir de la descente ! Biou est appelée par l’un des mamelons, elle grimpe la pente abrupte, disparaît de ma vue. Je ralentis le pas histoire de l’attendre. Au bout d’un moment qui m’a semblé extrêmement long, j’aperçois une petite silhouette au sommet de la colline. Je continue la descente au ralenti, surfant entre les os de vache ou de chevaux blanchis par le soleil, les pierres et les touffes d’herbes. Biou redescend enfin, je traîne des pieds, je laisse ma femme me rejoindre, nous finissons notre descente ensemble, main dans la main sous le regard mutin de JP. Franchissement de barbelé, voiture, retour en ville pour quelques courses et enfin apéro à l’hostal… encore une journée bien remplie !

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