Rapa Nui, un bien long voyage !

20 03 2011

Tout a commencé il y a quelques mois, lorsque Jean-Pierre Martinez à lancé l’idée de faire un petit stage sur l’île de Pâques… Nous avons été séduits immédiatement. Assailli par quelques doutes, y-allais-je pour satisfaire mon ego, ça fait bien sur le curiculum-vitae d’un voyageur de citer Rapa Nui, c’est un des points du globe les plus éloignés, les plus isolés, ça fait aventure. J’en étais à me pauser ce genre de questions quand Biou, pris les billets, évacuant tous les doutes encore présents. Depuis quelques temps elle n’arrêtait pas de croiser la route de l’île de Pâques, par photos, pub, Moaïs interposés, livres et même directement dans le hall du musée du quai Branly où se trouve une tête de Moaï au niveau énergétique très intéressant car toujours en lien avec son corps resté sur l’île.
Une fois les billets pris, je me suis replongé dans le livre de Francis Mézière, « Fantastique île de Pâques », puis Alfred Métraux, « l’île de Pâques » et enfin Pierre Loti, « Journal d’un aspirant de La Flore ».
C’est le livre de Francis Mézière que j’avais lu à 15 ans, qui m’avait donné envie d’y aller, en le relisant et en découvrant le texte de Loti, j’ai compris que ce voyage faisait parti de mon chemin de vie.

Les mois ont filé petit à petit, de stage en stage, rencontrant et renouant des liens avec d’autres stagiaires dont quelques uns allaient participer à cette aventure. Je dis renouer, car j’ai reconnu en eux de vieux compagnons de route, des âmes avec qui j’ai déjà partagé des fragments de vie.

Au cours de cette période, j’ai pris conscience de ce que je suis, ma vie évolue, et ce mouvement va certainement s’accélérer, jusqu’à ce que je trouve ma voie (ma voix aussi).

Le moment tant attendu est enfin arrivé, Biou et moi préparons les bagages, samedi matin l’avion nous attend, façon de parler car si nous ne partons pas à 5h00 du matin, il partira sans nous. Un des premiers choix imposés par ce long voyage, a été de laisser notre fille chez mes parents, nous avons testé plusieurs fois à la baguette, au biochamp, à chaque fois la réponse était sans appel, nous devions y aller sans elle. Ce samedi 5 mars, nous prenons nos affaires et nous dirigeons vers la gare. 5h23, le train arrive, premier changement, second changement, la navette vers Orly qui part juste devant nous, qui s’arrête et le chauffeur qui nous fait signe de monter… j’y crois pas tellement les choses s’enchaînent tranquillement. Arrivé à Orly ouest, direction l’enregistrement. Pas de queue, pas de stress, l’hôtesse nous informe que nous devrons transférer nos bagages à Lima. Nous franchissons le sas de sécurité. Encore quelques minutes et nous embarquerons pour Madrid.
Le vol se déroule tranquillement, en un peu moins de 2h00, nous nous retrouvons dans l’aéroport de la capitale espagnole. Petite faim, hamburger à la madrilène, retrait d’argent, la vie est chère à Honga Roa et le peso chilien ne se trouve pas facilement hors du Chili alors nous faisons provisions d’euros que nous changerons sur place.

Arrivés dans la salle d’embarquement, nous nous asseyons et attendons Christophe, Carine et leur fils de 20 mois qui doivent voyager dans le même avion.  Au bout d’un moment, Biou me montre une silhouette assise en tailleur près de la baie vitrée de l’autre côté de la salle, je reconnais immédiatement le pull blanc de Christophe. Nous retrouvons la petite famille avec joie, partageons les dernières infos et attendons ensemble le début de l’embarquement. Nous nous retrouvons dans un gros airbus de la compagnie Iberia, pas très confortable, limite bétaillère, enfermés pour 12 heures de vol jusqu’à Lima. Le voyage c’est révélé pénible et nous sommes content d’arriver enfin à l’aéroport de la capitale péruvienne. Avant de quitter l’avion, petite séance de désinsectisation, des fois qu’on transporterait des poux, des puces ou d’autres bestioles planquées dans nos caleçons.
Ne sachant pas trop où nous sommes sensés aller, je demande à la première personne en uniforme que je croise, elle m’indique une porte de contrôle et me dit de contacter les personnes au guichet de la LAN (compagnie aérienne qui doit nous mener sur l’île au Moaïs). Je ne sais pas à quoi sert ce contrôle, vu que ce passage est réservé aux voyageurs provenant de pays où un contrôle a déjà été effectué, mais ce portillon n’est pas réglé comme à Paris ou à Madrid, il sonne quand Biou passe, réagissant à la fermeture éclair de son pantalon…
Dans la salle juste à côté, 2 comptoirs, l’un pour des compagnies aériennes que je ne connais pas forcément et l’autre pour la LAN. Nous faisons la queue quelques instants, puis je me retrouve devant un employé à qui j’explique que nous devons transférer nos bagages mais que curieusement nos amis ont été informés que les leurs étaient pris en charge directement. Il me dit que c’est normal, pourquoi ? Je ne le saurais jamais, mais qu’il n’y a aucun problème, il va s’occuper de transférer les nôtres, il faut juste repasser dans une heure pour récupérer l’étiquette identifiant notre valise.

Nous rejoignons la zone d’embarquement, 28 portes, des magasins, bars, restaurants sommaires et petites échoppes. Christophe nous invite à prendre un verre, nous n’avons pas compris le système de fonctionnement des prises de commandes, on s’adresse à quelqu’un qui note la commande qui la donne à un autre qui nous donne un ticket et qui nous dirige vers la caisse où nous payons puis retournons vers le barman qui nous sert. Nous prenons place autour d’une table et nous désaltérons. Pendant ce temps j’observe les autres clients et le manège des serveurs dans la salle, il semble que le plus simple soit de s’asseoir à une table et d’attendre une serveuse qui prend la commande et rapporte le tout avec l’addition… comme chez nous, j’ai toujours pas compris comment nous nous y sommes pris…
Le fils de Carine et Christophe veut courir, alors une fois nos consommations absorbées, nous nous levons et suivons le petit dans sa course le long du couloir de la salle d’embarquement. Un petite visite aux toilettes, une touriste espagnol se plains à son mari que les wc sont bouchés et que la chasse automatique ne fonctionne pas. Je pénètre dans le lieu du crime côté masculin, effectivement la propreté n’est pas au rendez-vous, les toilettes sont pleines de papiers et la couleur jaunâtre n’augure rien de bon. Pendant que je vide ma vessie, j’étudie le lieu et fini par repérer un petit bouton de la taille d’un capuchon de critérium sur le mur au-dessus du réservoir des toilettes. Je ferme ma braguette, et appuie sur ce microscopique bouton… un torrent jailli dans la cuvette emportant papier, couleur et liquide. Je comprend mieux la raison qui rend les toilettes de cet aéroport aussi sales. Je quitte les lieux après m’être lavé les mains, je les sèche en les secouant dans l’air, ce qui me donne l’apparence d’une grosse mouette échouée sur un rivage inhospitalier et rejoins mes compagnons de route.
Voilà plus d’une heure que nous sommes arrivés, Biou et moi retournons au guichet LAN récupérer l’étiquette qui confirme que nos valises sont dirigées vers Mata Veri, l’aéroport de l’île de Pâques. Petite attente, 2 jeunes sud-américains en transit vers Los Angeles depuis un jour et demi sont en train d’échanger avec l’employé. Finalement, ils obtiennent gain de cause, ils seront embarqué sur le prochain vol quoi qu’il arrive. En deux coups de cuillère à pot nous récupérons notre étiquette. Retour vers la salle d’embarquement.
Après quelques heures d’attente, l’embarquement est annoncé porte 17, nous nous y rendons et attendons que celui-ci débute. Rien, pas d’embarquement… au bout d’un certain temps, nouvelle annonce, l’embarquement est retardé et aura lieu porte 20.
Nous suivons la foule vers la porte 20. Attente, longue attente… nouveau changement, cette fois c’est porte 28 qu’aura lieu l’embarquement, promis, juré !
Nous descendons à l’étage inférieur  où se trouve cette porte. L’embarquement est prévu dans une heure… une heure et demi plus tard, l’avion a du retard, il faut encore attendre une heure. Le fils de Carine et Christophe fait le spectacle, déclenchant sourires et grimaces parmi les passagers à demi-endormis. Vers 2h30 du matin, nouvelle annonce, l’embarquement est prévu à 3h00 porte 23. Une Nuée de zombies râleurs se lève et remonte à l’étage, direction porte 23. L’embarquement à enfin lieu. Bonheur et délectation, lorsque nous pénétrons dans le boeing dont j’ai oublié le numéro… Petit écran individuel, de la place pour les jambes des personnes qui font plus d’un mètre cinquante, choix de jeux, de films, de musiques. Petite collation de qualité, personnel de vol charmant, la grande classe quoi !

5 heures plus tard, nous sommes arrivés à l’aéroport de Mata Veri, la preuve on nous désinsectise à nouveau ! Heureusement que je ne suis pas Pinocchio, sinon, Jiminy criquet serait mort dans l’avion.

Quelle heure est-il ? Quel jour sommes nous ? Je ne sais plus. Nous descendons sur le tarmac, il fait chaud, pas très beau, il pleut un peu d’ailleurs. Une queue se forme à l’entrée du principal bâtiment, sûrement le contrôle douanier. Nous avançons jusqu’à être bloqués à notre tour. Un policier circule avec un chien, d’abord tenu en laisse, au bout du cinquième passage, il le détache, le laissant flairer ou bon lui semble. Puis s’adressant à Carine, il lui dit d’avancer avec l’enfant, ils sont prioritaires. Nos amis escortés par le douanier suivi par le chien zigzaguent parmi les autres passagers jusqu’à ce qu’on les perde de vue. Nous avons essayé de profiter de l’ouverture créée par leur passage mais sommes restés bloqués contre un mur de taiwanais stagnant près des toilettes. Au bout d’une demi-heure nous atteignons enfin les guichets. On se retrouve dans une grande salle ou sont empilées les valises, près de la sortie, une grosse machine à rayons X, l’importation de nourriture, de fruits et légumes est interdite. Un employé nous demande si nous avons ce type d’articles dans nos bagages… non !? fais-je un peu étonné par la question. Il nous invite à glisser notre valise dans le gros appareil, histoire de s’assurer que nous n’allons pas ouvrir une épicerie à Honga Roa.
Rien, pas la queue d’une cerise, je reprends notre valise au cul de la machine, et rejoins la sortie où nous attendent avec impatience  Christophe, Carine et leur bambin. A côté d’eux un grand jeune homme plutôt sympathique nous accueille avec un collier de fleurs. C’est Sebastian, le fils de notre logeuse. Sa mère c’est absentée un instant, elle devait faire une course et revient nous récupérer.

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2 responses

18 04 2011
géobiologie

et salut l’ami,

je découvre ton blog, sympathique de relire des morceaux de l’aventure…

Au plaisir d’un autre détour 😉

amicalement

jean-pierre

18 04 2011
Pegase

Ce blog ne serait pas ce qu’il est, si nos routes ne c’étaient pas croisées. 😉

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